Un étudiant britannique d’une vingtaine d’années a décidé de poursuivre ses propres parents en justice, estimant qu’il n’a jamais donné son accord pour venir au monde et qu’il n’a donc aucune obligation de travailler pour subvenir à ses besoins.
Âgé de 23 ans, Oliver Finch, décrit par ses proches comme « très connecté à l’essentiel, mais surtout à la fibre », a déposé plainte devant un tribunal de Londres. Il réclame la prise en charge intégrale de son mode de vie, incluant logement, alimentation et dépenses numériques, au titre de ce qu’il appelle un « préjudice existentiel non consenti ».
« Je n’ai jamais signé quoi que ce soit. On m’a imposé l’existence sans conditions générales d’utilisation, sans possibilité de refus, et sans bouton “se désinscrire” », explique le jeune homme dans un document transmis à la presse.
Dans sa requête, Oliver Finch développe une argumentation juridique détaillée, s’appuyant notamment sur la notion de consentement. « Si l’on considère que tout engagement doit être libre et éclairé, alors ma naissance constitue une violation manifeste de mes droits fondamentaux », écrit-il.
Il précise par ailleurs qu’il n’entend pas participer au système économique qu’il juge « imposé unilatéralement ». « On m’a inscrit dans une réalité où il faut travailler pour vivre. Je conteste cette clause depuis le début », ajoute-t-il.
Le plaignant exige que ses parents assurent l’ensemble de ses besoins quotidiens, incluant un logement stable, une alimentation régulière et un budget mensuel dédié aux jeux vidéo, qu’il considère comme « activité de maintien psychologique ».
« Ce n’est pas du loisir, c’est une adaptation à une situation que je n’ai pas choisie », précise-t-il, évoquant notamment ses dépenses en équipements informatiques et en contenus téléchargeables.
Contactés par les médias, les parents d’Oliver Finch affirment avoir été « légèrement déstabilisés » par la démarche, tout en reconnaissant certains signes avant-coureurs. « Il refusait déjà de sortir les poubelles au motif qu’il n’avait pas demandé à produire des déchets », confie son père.
Sa mère évoque de son côté un adolescent « très cohérent dans ses raisonnements, mais uniquement quand ça l’arrange ».
Si la plainte suscite de nombreuses réactions, le tribunal a confirmé qu’elle serait bien examinée, au nom du droit fondamental à déposer un recours, quel qu’en soit le fondement.
« La justice ne préjuge pas de la recevabilité philosophique d’une demande », indique une source judiciaire, précisant toutefois que « la notion de non-consentement à la naissance reste juridiquement… inédite ».
L’affaire relance un débat plus large sur la responsabilité parentale et les attentes des nouvelles générations. Certains internautes soutiennent la démarche, estimant qu’elle met en lumière une forme de pression sociale implicite.
D’autres, plus critiques, rappellent que « refuser de travailler tout en réclamant une console dernier cri relève davantage d’une stratégie que d’une réflexion philosophique ».
En attendant le verdict, Oliver Finch affirme rester confiant. « Au pire, je fais appel. De toute façon, j’ai le temps », conclut-il, depuis sa chambre.
G. Armand | l'Immunité.fr
Gérard Armand est directeur de la Rédaction de l'Immunité. Sociologue de formation, il a soutenu sa thèse de doctorat à l'École des hautes études en sciences sociales (EHESS).