Un salarié demande un délai administratif pour ses bonnes résolutions

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Estimant que ses objectifs personnels représentent une « charge mentale anticipée disproportionnée », un salarié de 38 ans a officiellement demandé à son employeur ainsi qu’aux services administratifs un report exceptionnel de ses bonnes résolutions de début d’année.

Comme chaque année, Julien Morel, employé administratif dans une société d’assurance à Limoges, avait soigneusement établi une liste de résolutions ambitieuses : reprendre le sport, réduire sa consommation de sucre, ranger régulièrement son appartement, appeler davantage sa famille et apprendre une nouvelle langue. Un programme finalement jugé « irréaliste dans le contexte psychologique actuel ».

« J’étais très motivé pendant exactement quarante-sept minutes. Puis j’ai commencé à ressentir une pression diffuse rien qu’en regardant ma liste. J’ai compris qu’il fallait agir avant le burn-out motivationnel », explique le trentenaire, qui affirme avoir subi plusieurs épisodes d’angoisse en passant devant une salle de sport.

Une demande de « tolérance administrative »

Dans un courrier adressé à sa direction ainsi qu’à la mairie de sa commune, Julien demande un délai officiel de trois mois afin de pouvoir « préparer psychologiquement l’arrivée des objectifs personnels ». Selon lui, les bonnes résolutions devraient être soumises au même principe de souplesse que certaines démarches administratives.

« On nous demande d’un coup de devenir sportifs, organisés, équilibrés, cultivés et de boire plus d’eau… Aucun organisme sérieux n’imposerait une telle transition sans accompagnement », plaide-t-il, estimant qu’une mise en application progressive jusqu’au printemps constituerait un compromis « raisonnable et humain ».

Le salarié dit également souhaiter la création d’un « droit au retard personnel », permettant aux citoyens de repousser certaines obligations symboliques de début d’année sans culpabilité sociale.

Un collectif de soutien déjà en formation

Depuis la médiatisation de son initiative, plusieurs centaines d’internautes auraient rejoint un groupe de discussion baptisé « Les Résolus mais pas tout de suite ». Certains réclament déjà un moratoire sur les inscriptions à la salle de sport jusqu’au mois d’avril, tandis que d’autres demandent la suppression pure et simple du concept de résolution annuelle.

« Personnellement, ma seule résolution c’était d’arrêter de procrastiner. Je compte commencer dès que possible », confie un sympathisant du mouvement.

Interrogé sur ses objectifs actuels, Julien affirme toutefois rester optimiste : « Je n’abandonne rien. Je vise simplement une version plus mature de moi-même… probablement vers juin ».

G. Armand | l'Immunité.fr
Gérard Armand est directeur de la Rédaction de l'Immunité. Sociologue de formation, il a soutenu sa thèse de doctorat à l'École des hautes études en sciences sociales (EHESS).


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