Comme chaque année, des millions de Français affirment avoir été « pris de court » par la fermeture quasi générale des commerces le 1er mai, malgré plusieurs décennies d’existence du jour férié.
À Angers, Julien M., 39 ans, reconnaît avoir ressenti une vive incompréhension en trouvant porte close devant trois boulangeries, un supermarché et un magasin de bricolage qu’il comptait visiter « rapidement, sans urgence particulière mais absolument aujourd’hui ».
« J’oublie chaque année. Pourtant je sais que ça existe. Mais dans ma tête, le 1er mai reste un dimanche un peu spécial, pas un événement logistique majeur », explique-t-il, un sandwich approximatif à la main.
D’après plusieurs sociologues du quotidien, le phénomène toucherait une grande partie de la population française, généralement entre 10h30 et 14h le jour même.
« Chaque année, les citoyens pensent vaguement au muguet, au jour férié et au repos. Puis, brutalement, ils réalisent qu’ils n’ont plus de pain, plus de café et aucune idée de ce qu’ils vont manger », résume un spécialiste des habitudes domestiques.
Les données montrent également un pic massif de recherches Internet telles que :
Malgré les rappels annuels, beaucoup reconnaissent une difficulté persistante à anticiper. « Le 30 avril au soir, on sait vaguement qu’il faudrait acheter des choses, mais on croit toujours qu’on s’en sortira », témoigne une habitante de Toulouse.
Face à cette désorganisation chronique, certains élus locaux envisageraient la mise en place d’un « plan national d’anticipation du frigo vide », comprenant des alertes SMS envoyées dès le 29 avril.
En attendant, Julien assure avoir retenu la leçon. « L’an prochain, je m’organise. Enfin je pense. On verra », conclut-il, avant de repartir chercher une station-service vendant encore des chips.
G. Armand | l'Immunité.fr
Gérard Armand est directeur de la Rédaction de l'Immunité. Sociologue de formation, il a soutenu sa thèse de doctorat à l'École des hautes études en sciences sociales (EHESS).