Le gouvernement envisage d’interdire les poissons d’avril « trop anxiogènes »

Face à une multiplication de plaintes liées à des plaisanteries jugées « disproportionnées », le gouvernement réfléchirait à un encadrement plus strict des poissons d’avril considérés comme « trop anxiogènes pour le bien-être collectif ».

Selon plusieurs sources proches du dossier, l’exécutif aurait été alerté après une série de blagues particulièrement mal vécues : faux licenciements, annonces fictives de grossesse, coupures Internet simulées ou messages alarmants envoyés sur des groupes familiaux avant d’être suivis du traditionnel « poisson d’avril lol ».

« Nous observons une dérive. Une bonne plaisanterie ne devrait jamais nécessiter un rendez-vous chez le cardiologue ou trois jours de tension familiale », explique un conseiller ministériel chargé de la « régulation des interactions sociales saisonnières ».

Une liste de blagues désormais jugées excessives

Un document de travail actuellement étudié distinguerait les poissons d’avril « acceptables » des plaisanteries dites « à fort potentiel anxiogène ».

Parmi les blagues susceptibles d’être déconseillées ou encadrées :

  • Faire croire à un proche qu’il a envoyé un message embarrassant au mauvais destinataire
  • Simuler une panne bancaire ou une erreur de virement importante
  • Annoncer une visite surprise des beaux-parents pour plusieurs semaines
  • Évoquer une réunion professionnelle urgente un jour de congé
  • Faire croire à une hausse du prix du café ou à une pénurie de fromage

« Le Français moyen traverse déjà suffisamment d’incertitudes. Nous devons éviter les plaisanteries qui exploitent des peurs réelles », précise le rapport préliminaire.

Vers un « préavis humoristique » obligatoire ?

Parmi les mesures envisagées figure l’instauration d’un système de signalement préventif, permettant d’indiquer à l’avance le niveau émotionnel d’un poisson d’avril. Une mention « humour léger », « second degré modéré » ou « risque de confusion temporaire » pourrait ainsi devenir obligatoire.

Certains experts plaident également pour la mise en place d’un « délai raisonnable de révélation », afin d’éviter que certaines victimes ne passent plusieurs heures à croire à une catastrophe imaginaire.

« Mon frère m’a fait croire qu’il déménageait au Canada avec ma voiture. J’ai pleuré pendant quarante minutes avant de comprendre », témoigne une habitante de Besançon, favorable à une réglementation.

Du côté des amateurs de canulars, la proposition suscite déjà de vives critiques. Plusieurs collectifs dénoncent une « bureaucratisation du rire » et défendent le droit à une confusion temporaire.

Le gouvernement assure toutefois qu’aucune décision n’est encore prise. « L’objectif n’est pas d’interdire les poissons d’avril, simplement d’éviter que certains ressemblent trop à un effondrement personnel », résume un proche du dossier.

F. Pichard | l'Immunité.fr
Franck Pichard est journaliste et analyste politique, diplômé de l'Institut français de presse et de l'Institut d'études politiques de Paris.


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