Alors que les épisodes de fortes chaleurs poussent les Français à se réfugier derrière ventilateurs, climatiseurs et boissons glacées, un artisan glacier de Béziers affirme avoir trouvé une méthode radicalement contre-intuitive pour mieux supporter la canicule : manger des glaces… chaudes.
Dans sa boutique du centre-ville, Damien Rouvière sert désormais des glaces maintenues à une température comprise entre 38 et 41°C. Pistache tiède, citron tempéré, vanille fondante ou encore chocolat fumant : selon lui, le froid constituerait une erreur physiologique en période de canicule.
« Quand vous mangez une glace froide alors qu’il fait 40 degrés dehors, le corps subit un véritable contre-choc thermique. Il reçoit un message contradictoire, se crispe puis cherche à compenser », explique l’artisan, qui travaille sur ce concept depuis plus de deux ans. « Une glace chaude prépare progressivement l’organisme à accepter la chaleur. On transpire plus vite, mais avec davantage de sérénité physiologique. »
L’idée lui serait venue lors d’un voyage au Maroc, où il s’étonne de voir certaines populations boire du thé brûlant malgré des températures extrêmes.
« Je me suis dit : si les boissons chaudes peuvent aider à supporter le désert, pourquoi personne n’a pensé à adapter cette logique au dessert ? On est restés enfermés dans un modèle très occidental de la glace froide », raconte-t-il.
Pour valider son intuition, Damien Rouvière affirme avoir mené plusieurs tests auprès de clients volontaires. « Après dégustation, beaucoup disent ressentir une chaleur plus cohérente. Certains parlent même d’une meilleure acceptation mentale de la météo », assure-t-il.
Dans la boutique, les réactions oscillent entre enthousiasme prudent et confusion totale. « Au début, j’ai cru qu’on m’avait servi une glace oubliée dans une voiture en plein soleil. Mais au final, j’ai moins eu envie de me plaindre de la température », témoigne Sandrine, une cliente venue tester le parfum caramel chaud.
D’autres restent plus sceptiques. « J’ai pris menthe-chocolat à 39 degrés. Honnêtement, j’ai surtout eu l’impression de manger un accident logistique », résume un touriste belge.
Face au succès inattendu du concept sur les réseaux sociaux, plusieurs glaciers du sud de la France envisageraient déjà de proposer leurs propres gammes de glaces chaudes. À Montpellier, un artisan travaillerait sur un sorbet melon-pastèque « thermiquement apaisant », tandis qu’à Perpignan, un commerçant testerait des bâtonnets glacés servis « légèrement fumants ».
Les autorités sanitaires préfèrent toutefois rester prudentes. « Nous recommandons avant tout de bien s’hydrater. Concernant les desserts à 40 degrés, nous n’avons pour l’instant aucun avis officiel », indique une source proche du ministère de la Santé.
De son côté, Damien Rouvière se montre confiant : « Dans dix ans, on regardera les glaces froides comme une vieille habitude irrationnelle. Exactement comme les gens qui ouvrent les fenêtres quand il fait chaud ».
R. Meunier | l'Immunité.fr
Raphaël Meunier est diplômé d'HEC. Il est également conseiller en économie et gestion des entreprises.