Bac philo : un candidat conteste son sujet faute de pouvoir citer Star Wars

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Au lendemain de l'épreuve de philosophie du baccalauréat, un lycéen de Terminale a officiellement déposé un recours auprès du rectorat, estimant que le sujet qui lui a été attribué ne lui permettait pas d'exploiter correctement ses références culturelles habituelles, principalement issues de la saga Star Wars.

Âgé de 18 ans, Lucas Morel, élève dans un lycée de l'agglomération lyonnaise, affirme avoir immédiatement compris que la situation était problématique dès la lecture des sujets.

« J'ai parcouru les trois propositions et je n'ai trouvé aucune ouverture sérieuse vers les Jedi, le côté obscur ou même la notion de Force. À partir de là, j'ai compris que j'allais être limité dans mon argumentation », explique-t-il.

Une préparation jugée incompatible avec les sujets proposés

Selon le candidat, l'intégralité de son année scolaire reposait pourtant sur une méthode simple : relier chaque notion philosophique à un personnage de l'univers créé par George Lucas.

« Pour la morale, j'avais Obi-Wan Kenobi. Pour le libre arbitre, Dark Vador. Pour la politique, le Sénat Galactique. Pour la technique, les droïdes. Honnêtement, j'étais prêt pour tout », assure-t-il.

Le lycéen affirme même avoir consacré plusieurs semaines à élaborer un tableau de correspondance entre les programmes officiels de philosophie et les six premiers épisodes de la saga.

« Mon professeur trouvait ça inquiétant, mais je pensais sincèrement tenir quelque chose », reconnaît-il.

Le rectorat refuse de modifier la copie

Dans son recours, Lucas demande que soit prise en compte la « diversité des approches culturelles contemporaines » lors de l'élaboration des sujets d'examen.

Il propose notamment l'introduction d'une clause permettant aux candidats de remplacer certaines références philosophiques classiques par des éléments issus de la culture populaire.

« Pourquoi citer Kant alors qu'on pourrait citer Yoda ? Les deux parlent de sagesse, mais un seul est vraiment connu de la jeune génération et possède un sabre laser », peut-on lire dans le document adressé à l'administration.

Contacté par nos soins, le rectorat rappelle néanmoins que les références à la science-fiction ne constituent pas une obligation réglementaire dans le cadre du baccalauréat général.

Une mobilisation sur les réseaux sociaux

L'affaire a rapidement suscité de nombreuses réactions parmi les lycéens. Plusieurs internautes ont apporté leur soutien au candidat en partageant leurs propres difficultés philosophiques. « Personnellement, j'avais préparé tout mon cours avec les Avengers », témoigne un élève. « Le sujet ne permettait même pas d'aborder correctement le cas de Thanos. »

D'autres réclament déjà une réforme plus ambitieuse des épreuves. Plusieurs collectifs de lycéens demandent notamment l'introduction d'un sujet optionnel permettant de mobiliser exclusivement des références issues de la culture populaire, à condition qu'elles comportent au moins une guerre intergalactique ou un personnage doté de pouvoirs spéciaux.

Le mouvement semble désormais dépasser les frontières françaises. En Nouvelle-Zélande, une pétition intitulée « One Essay, One Jedi » (« Une dissertation, un Jedi ») aurait déjà recueilli plusieurs milliers de signatures. Ses auteurs demandent que toute épreuve de philosophie comporte au minimum une question permettant d'évoquer l'ordre Jedi, la Force ou, à défaut, un personnage capable de parler en inversant l'ordre des mots.

En attendant une éventuelle réponse de l'administration, Lucas affirme qu'il ne regrette pas sa copie. « J'ai quand même réussi à placer Dark Vador dans l'introduction, Yoda dans le développement et l'Empereur en conclusion. J'espère simplement que le correcteur sera ouvert au dialogue. »

G. Gonzales | l'Immunité.fr
Gilles Gonzales, ancien rappeur, est dorénavant écrivain et journaliste. Il commente l'actualité people et les rendez-vous culturels à l'Immunité.


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