Vacances : selon une étude, les Français passeraient davantage de temps à chercher une place de parking qu'à se reposer

Chaque été, des millions de Français prennent la route avec l'espoir de profiter d'un repos bien mérité. Pourtant, une récente étude de l'Institut National d'Observation des Comportements Estivaux (INOCE) conclut que le véritable loisir des vacanciers serait désormais la recherche d'une place de stationnement, activité qui occuperait jusqu'à 68 % du temps consacré aux sorties.

Réalisée auprès de plus de 4 000 automobilistes, l'enquête révèle que seuls deux jours et demi d'un séjour de deux semaines seraient réellement consacrés au repos. Le reste du temps se répartirait entre les embouteillages, les courses alimentaires, la comparaison des prix des glaces, les discussions sur l'itinéraire... et surtout la quête d'un emplacement libre.

« On a visité trois parkings et aperçu la mer deux fois »

À La Grande-Motte, Laurent et Sophie pensaient passer leur journée à la plage. Ils racontent finalement avoir effectué trente-sept minutes de baignade après avoir consacré près de deux heures à tourner autour du front de mer.

« À force de passer devant les mêmes restaurants, on connaissait déjà les menus par cœur. À un moment, on a hésité à rentrer directement à la maison, mais on venait enfin de trouver une place », raconte Laurent.

Selon l'étude, un vacancier effectuerait en moyenne sept tours complets d'un même quartier avant d'accepter de se garer à plus d'un kilomètre de sa destination, tout en affirmant à sa famille que « ça fait une petite marche, c'est bon pour les vacances ».

Une discipline qui mobilise toute la famille

Les chercheurs décrivent la recherche de stationnement comme une activité collective parfaitement codifiée. Le conducteur fixe intensément la chaussée tandis que les passagers annoncent successivement « Là ! Ah non... », « Il y en avait une juste derrière » ou encore « Pourquoi tu n'as pas pris celle-là ? », alors même qu'elle était occupée par une camionnette depuis plusieurs heures.

Dans 82 % des cas, un membre de la famille proposerait également de « laisser la voiture ici, on verra bien », sans jamais préciser où se situe exactement le mot « ici ».

Le miracle de la place qui se libère... devant quelqu'un d'autre

L'étude met également en évidence un phénomène baptisé « convergence estivale du clignotant ». Celui-ci décrit l'instant précis où deux automobilistes repèrent simultanément la même place libre et développent immédiatement la certitude qu'elle leur revient de droit.

« C'est un comportement fascinant. Des personnes parfaitement calmes le reste de l'année deviennent capables d'élaborer une stratégie militaire complexe simplement pour gagner douze mètres de marche », observe le directeur de l'étude.

Vers une reconnaissance du stationnement comme activité touristique ?

Face à ces conclusions, plusieurs professionnels du tourisme suggèrent d'intégrer officiellement la recherche de parking aux activités de loisirs proposées pendant l'été.

« Puisque les vacanciers y consacrent déjà une grande partie de leurs journées, autant leur remettre un diplôme lorsqu'ils trouvent une place à moins de 300 mètres de la plage », propose un responsable d'office de tourisme.

En attendant, l'INOCE recommande aux automobilistes de prévoir davantage de patience que de crème solaire. Selon ses calculs, la probabilité de trouver immédiatement une place reste légèrement inférieure à celle de repartir des vacances avec un parasol qui n'appartenait pas à sa famille.

G. Armand | l'Immunité.fr
Gérard Armand est directeur de la Rédaction de l'Immunité. Sociologue de formation, il a soutenu sa thèse de doctorat à l'École des hautes études en sciences sociales (EHESS).

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